Главная Документы Письмо губернатора Тортуги дОжерона
003_7.gif
Внимание! Если вы заметили в тексте опечатку, выделите ее мышкой и нажмите Shift+Enter.


Письмо губернатора Тортуги дОжерона

PDF Печать
Автор: Максим Жаров
Дата публикации: 08.02.2007 16:44
Последняя редакция 23.01.2010 01:39

(это копия исторического документа от 20 сентября 1666 года, приводится частично)

В этом письме губернатор Тортуги Бертран д'Ожерон высказывает свое опасение о том, что решение Совета Ямайки от марта 1666 года, которое приведено здесь, может привести к тому, что все флибустьеры уйдут из французских колоний в Порт-Ройял. Д'Ожерон также объясняет Кольберу, какие большие выгоды могли бы принести Тортуге и Сен-Доменгу флибустьеры. «Нам не нужно было бы искать необходимые товары для процветания колонии, — пишет д'Ожерон. — Они привозили бы всю свою добычу к нам, среди которой много нужных вещей, которые нельзя найти в Новом Свете. Нам надо только привести из Франции 7 или 8 корабельных плотников, чтобы они чинили корабли флибустьеров, приходящие к нам». Далее д'Ожеон сообщает, что местный табак имеет качество не хуже, чем мартиникский, и что у него точно был бы хороший спрос в Европе. Затем губернатор опять жалуется, что флибустьеры уходят на Ямайку, так как там им предлагают более выгодные комиссии. И что он опасается, что скоро некому будет защищать его колонию. А если привлечь флибустьеров на остров, то это будет около 12 сотен человек способных носить оружие, и что через 9 месяцев Тортуга будет не менее сильна, чем Порт-Ройял, а через три или четыре года колония разрастется настолько, что сможет оказать отпор любому нападению.

(...) Cette grande diminution ne se doit faire qu'en faveur des flibustiers, des boucaniers, car, quant aux habitants, il ne leur faut fournir que le moins l'on pourra, et pour les obliger ainsi qu'ils ont accoutume d'aller en France chercher les marchandises et les engages et serviteurs qui leur sont necessaires, non seulement pour eux, mais encore pour leurs voisins et leurs amis qui peuvent contribuer a la depense de ceux qui font le voyage qui les fortifient dans l'obeissance qu'ils doivent au Roi et qui sont cause de la bonne reputation ou est cette Cote; un chacun s'efforcant d'en dire du bien et d'en parler avantageusement etant en France, d'ou il arrive que nous trouvons plus facilement des engages pour venir ici. Ainsi les habitants ne se trouvant point en dettes ne feront des tabacs que pour leur compte, qui par consequent serait fabrique avec autant de soin qu'on y apporterait de negligence si c'etait pour s'acquitter envers les marchands d'ou il arriverait que nos tabacs n'auraient pas plus de reputation que les tabacs de traite de la Martinique et en verite ca serait tout perdre.

Il faudrait encore faire venir de France 7 ou 8 charpentiers de navire et calfeteurs, ce afin de pouvoir rhabiller et carenner les vaisseaux qui viendraient a la Tortue.

Faisant tout cela, je reponds que nous retirerons tous nos Francais qui sont a la Jamaique et plusieurs etrangers. J'espere meme que plusieurs flibustiers anglais quitteront la Jamaique pour venir a la Tortue. Et comme deux puissances ne peuvent demeurer si pres l'une de l'autre sans se faire tord ou meme sans se ruiner, si nous n'agissons de la maniere que je viens de dire, bien loin d'augmenter le nombre de nos flibustiers, je crains, et avec raison, que ceux que nous avons, qui sont en petit nombre, ne se retirent a la Jamaique, ou deux capitaines francais qui etaient venus depuis vivre parmi nous ont retourne quoique je n'eusse voulu prendre d'eux aucun droit ni meme aucun present. L'on m'a dit que c'est leurs equipages qui les ont obliges a cela, sur ce qu'ils se plaignent de ne pouvoir vivre a la Tortue, toutes choses y etant trop cheres. Cependant nous ne pouvons avoir le temps plus favorable pour nous fortifier d'hommes et pour nous etablir surement, le general de la Jamaique d'aujourd'hui, qui ne le sera pas toujours, n'etant aime de personne parce qu'il pille tout le monde.

Il serait necessaire de paire passer de France a la Tortue et a la cote St-Domingue tous les ans mil a douze cents personnes dont les deux tiers fussent capable de porter les armes. L'autre tiers seraient des enfants de 13, 14 et 15 ans, duquel nombre une partie serait distribuee aux habitants qui pourraient en faire passe sur ce nombre a leur frais et aller en France; pour cet effet, l'autre partie serait envoyee en flibuste.

Et je puis assurer que le passage desdits 1000 a 1200 personnes est bien plus necessaire que tout autre chose et pourvu qu'on eut soins d'armer et discipliner ceux qui seraient en etat de l'etre et en envoyer en flibuste, comme je viens de dire, le plus qu'on pourrait, je reponds que dans dix-mois nous serons aussi forts par mer que les Anglais qui font tout trembler et que dans 3 ou quatre ans nous aurons suffisamment de gens pour faire une grande entreprise sans qu'il en coute presque rien au Roi, s'il plait a Sa Majeste d'en former le dessein, mais si nous n'avons des gens agueri (et nous n'avons point d'autres moyens d'en avoir qu'en les envoyant sur des vaisseaux armes en guerre ce que nous appelons flibuste) infailliblement il y aura toujours doute a l'evenement de nos entreprises, et meme de la surete de notre colonie, quelques grands nombres d'habitants que nous puissions avoir, ce poste ici etant si risquable que notre monarque seul en l'Europe est capable de le maintenir et le conserver. (...)

Источник:

Archives nationales, Colonies, F3 164, fol. 111-114.

 
(8 голосов, среднее 4.63 из 5)

Обсуждение этой статьи на форуме. (7 постов)

Добавить комментарий


Защитный код
Обновить